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Publié par Megworld

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Léo Scheer - 16 janvier 2013 - 128 pages - 18 euros

 

Je remercie l'agence Gilles Paris pour l'envoi de ce roman.

 

Résumé de l'éditeur :

 

Mouche', drôle de surnom pour une mère, surtout avec cette apostrophe en coin comme un clin d'oeil espiègle et affectueux. Dans ce signe transparaît la fantaisie qu'elle partage avec sa fille romancière. 

Marie Lebey esquisse une caricature de sa mère, légèrement ridicule, avec son côté Madame Verdurin pour qui l'art et la beauté sont partout, sauf chez sa fille qu'elle ne voit pas. Elle va jusqu'à moquer ses origines belges dont Baudelaire dresse le portrait au vitriol dans Pauvre Belgique ! Après la mort de son mari et de sa fille aînée, Mouche' a un peu perdu la raison et enfermé sa fille dans un musée peuplé des fantômes de ses ancêtres et de ses écrivains fétiches. Pour lui échapper, celle-ci n'avait pas d'autre issue que de devenir une femme, belle et séduisante, captant le regard des hommes dans le seul but d'exister enfin aux yeux de quelqu'un. Avec tendre ironie, originalité, et cette drôlerie qui la caractérise, dont on comprend la source, Marie Lebey raconte l'histoire de sa relation avec cette femme, mais sans jamais régler ses comptes, bien au contraire : Mouche' est une véritable lettre d'amour.

 

L'avis de Damien :

 

Mouche’ est plus qu’un roman. C’est le témoignage d’une femme qui, ayant perdu sa mère récemment, ressasse des souvenirs comme le ferait tout un chacun. A ces bribes du passé se mêlent un certain nombre d’émotions : de l’amertume, de l’exaspération, de la gaieté… mais surtout un amour omniprésent. Se mélangent des souvenirs d’enfance et des passages de la vie de sa mère accompagnés des commentaires de quelqu’un qui regarde en arrière avec nostalgie. Les deux femmes n’étaient pas proches. D’ailleurs au départ l’auteure ne comprend pas ce vide qu’elle ressent. En effet, depuis le décès de son père et de sa sœur, une sorte de mur séparait les deux femmes. Comme dans la plupart des familles, la fille ne comprenait pas la mère, trouvant ridicule cette manie de voir la beauté partout, ses origines belges qu’il ne faut surtout pas critiquer, les sorties culturelles qu’elle organisait pendant les vacances… Et pourtant au fil du récit et des réflexions, on sent que peu à peu Marie devient la femme qu’elle est aujourd’hui, en grande partie façonnée par Mouche’ : c’est pour combler un manque affectif qu’elle devient une grande séductrice, pour que sa mère la remarque qu’elle se fait provocatrice… C’est aussi grâce à sa manie de voir la beauté partout et son refus de vieillir qui ont permis à la narratrice de devenir une femme-enfant et de s’émerveiller sur le monde qui l’entoure.


Sur la forme, ce livre est très bien écrit. L’auteure a un style qui lui est propre sans pour autant devenir pompeux. Elle parvient à utiliser l’humour et l’ironie sans que cela n’altère les sentiments qu’elle transmet. Au contraire ces éléments ressemblent à des sourires forcés pour dissimuler le vide laissé par la disparition.


Je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de roman. Pourtant j’ai été touché par ce témoignage d’une femme qui rend hommage à sa mère nous confiant tout ce qu’elle n’a pas su lui dire de son vivant avec une nostalgie non feinte. 


8/10

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