In anima vili, Andrea H Japp
Flammarion - 20 mars 2013 - 450 pages - 22 euros
Résumé de l'éditeur :
Début du XIVe siècle, dans un comté de France. Héluise, travestie en médecin itinérant, court les chemins sous le nom de Druon de Brévaux, poursuivie par l'Inquisition, Mr de Nogaret, conseiller de Philippe le Bel, l'évêque d'Alençon, Foulques de Sevrin. Son père, Jehan Fauvel, est mort dans les geôles inquisitoires ; Igraine, mage inquiétante, descendante des druides et protectrice des derniers représentants de son peuple, cherche à récupérer les manuscrits découverts par ce dernier grâce à une pierre rouge, élément d'un vitrail d'église ; l'Eglise est à ses trousses, comme tant de puissants désireux de récupérer ces textes majeurs. Aidée du petit Huguelin et du bailli Louis d'Avre, Héluise-Druon comprend que tous veulent sa mort afin de l'empêcher de conclure la quête de son père : restituer la connaissance à l'humanité afin de la libérer de ses craintes et de ses superstitions. Talonnée, sans ressource, terrorisée à l'idée que les textes anciens tombent entre de mauvaises mains, Héluise-Druon cache Huguelin et se fait passer pour frère médecin à l'abbaye de Dame-Marie, où sévit une étrange épidémie de décès. Trouvera-t-elle la vérité au coeur des textes millénaires que tous recherchent ?
L'avis de Damien :
Je me suis de nouveau lancé dans la lecture d’un roman historique pour un service presse envoyé par l’agence Gilles Paris que je remercie. Ecrit par Andrea H Japp, In Anima Vili est le 4e tome des aventures de Drouon de Brévaux qui se déroulent au début du XIVe siècle. N’ayant pas lu les premiers tomes, j’étais un peu inquiet. Finalement pour rien. En effet, même si on retrouve régulièrement des références au passé, elles ne nuisent pas à la bonne compréhension des évènements.
Les premières pages sont d’ailleurs consacrées à une liste des noms des personnages accompagnés d’une rapide description que ce soit pour les personnages historiques ou fictifs. Ainsi, on n’a pas à se demander ou à chercher sur internet quel a pu être le rôle de chacun dans l’histoire ou dans le début du périple de Drouon. Suit un résumé de trois pages retraçant le début du voyage. Bien sûr les habitués n’auront pas besoin de ces quelques pages de rappel (et encore…) mais elles ont leur importance pour les novices. Cela évite d’être laché au milieu d’une intrigue qui pourrait sembler sans queue ni tête. Pour autant les spoilers sont assez limités (attention, je n'ai pas dit totalement absents).
La première information importante est que Drouon est une femme travestie en médecin. Surprenant. Dans un premier temps, ça change des hommes courageux que l’on croise souvent dans les romans se déroulant au Moyen-Age. Nous suivons donc Héluise Fauvel, jeune femme fort valeureuse dont la seule différence avec les personnages habituels est en réalité son sexe. Si on ajoute le fait qu’elle le dissimule, les différences sont minimes. On tombe rapidement dans le cliché de l’innocence poursuivi par l’inquisition ou toute autre organisation possible. Bref, Heluise est accompagnée d’un petit garçon qui (à mon sens) est bien plus attachant que le personnage principal. A coté d’eux des « historiques » : Nogaret (encore un habitué de mes lectures habituelles…), le pape Clément ou encore Philippe le Bel.
En ce qui concerne l’histoire en elle-même, j’ai eu l’impression qu’elle ne trouvait jamais vraiment de dynamique ce qui est peut-être dû à deux choses :
- En prenant l’aventure en cours, je ne me suis pas familiarisé/attaché au personnage de Drouon et suis resté assez insensible à tout ce qui pouvait lui arriver.
- Le style d’écriture imitation Moyen-Age me gène toujours un peu. Bien sûr, on a la sensation d’être plongé dans cette période. Cependant, je trouve que ça complique la compréhension et ça m’ennuie d’être obligé de lire les trois ou quatre notes de bas de page expliquant tel ou tel terme dont l’utilité est finalement assez limitée. De plus, je trouve que cette manière d’écrire a tendance à casser le rythme et ralentir le cheminement de l’histoire.
Et c’est finalement le gros défaut de ce livre. Pour tous les passionnés d’Histoire, c’est l’occasion de se plonger au cœur du Moyen-Age, d’autant plus que le récit est très bien documenté. Malheureusement, les longueurs imposées par le style et certaines scènes que l’on pourrait qualifier de facultatives (pour ne pas dire inutiles) font que l’on s’ennuie. Cependant, malgré mon avis mitigé et même si le roman historique est loin d’être mon style favori, je ne peux que reconnaitre la qualité de l’ouvrage qui devrait plaire aux fans du genre.
2/5