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Megworld

Emma B Libertine, Gustave Flaubert et Lucie Clarence

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http://www.ma-editions.com/img/references/e2t4qhzx0r-emma-b-la-libertine.jpg

MA Editions Poche - 18 septembre 2013 - 300 pages - 6,90 euros

 

Résumé de l'éditeur :

 

Emma rêve d'amour et d'aventure, de luxe et de raffinement. Pour échapper à la campagne normande, elle épouse un jeune médecin, Charles Bovary, qui la déçoit bientôt par sa médiocrité. La maternité ne la comble pas non plus. Cherchant par tous les moyens à fuir l'ennui de sa vie de provinciale, elle prend alors plusieurs amants successifs, grâce auxquels elle espère connaître la passion.

 

Mon avis :

 

Après avoir découvert "Jane Eyrotica" que j'ai adoré et "Dorian Gray : Le portrait interdit" que je n'ai pas du tout aimé, j'étais curieuse de découvrir un autre classique revisité version "érotique" : Emma B Libertine (Madame Bovary) de Gustave Flaubert. 

 

Contrairement aux deux autres oeuvres, Lucie Clarence s'est inspirée de brouillons de Flaubert pour écrire ses scènes osées. Emma B Libertine colle donc beaucoup plus à l'oeuvre du XIXe. J'ai comparé avec une version classique et nous avons bien le texte d'origine, sauf que Lucie Clarence va plus loin et ne se contente pas de suggestions. 

Pour être honnête, je ne sais pas du tout quoi penser de ce classique. Plusieurs éléments m'ont déplu mais je ne peux pas nier qu'il m'a, d'une certaine manière, touchée. De plus, j'ai aimé les ajouts de Lucie Clarence. J'aurais sans doute trouvé la version classique trop calme puisqu'elle comporte de nombreuses longueurs. Les scènes osées sont très bien écrites et ajoutent un petit quelque chose au roman. 

 

Concernant les personnages, LE gros point négatif, je n'ai pas du tout apprécié Madame Bovary qui est égoïste et uniquement guidée par ses hormones et ses fantasmes. Elle déteste sa vie, son mariage et ne fait rien pour l'améliorer, à part aller voir ailleurs et jalouser la vie des héroïnes de romans. Je n'ai pas réussi à m'attacher à cette femme qui trompe sans scrupules et qui délaisse son enfant ni à Rodolfe qui a un cœur de pierre. Léon est à mettre dans le même sac, il est bien trop soumis à Madame Bovary tout au long du livre et devient lâche vers la fin. Le seul personnage qui m'a fait de la peine, c'est le mari : Charles. Il reste attaché à sa femme jusqu'au bout. C'est finalement lui, la vrai victime de cette histoire.

Bizarrement, je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre et en même temps, j'avais envie de connaître la fin, de savoir si Madame Bovary pouvait changer. Forcément, le roman aurait eu moins d'impact si elle était gentiment retournée auprès de son époux, mais j'ai voulu y croire. 

 

Reparlons un peu maintenant des passages qui n'existent pas dans le classique : ceux de Lucie Clarence. Le style de l'auteure se mêle parfaitement à celui de Flaubert, on pourrait même imaginer qu'il a lui-même écrit ces scènes. Je serais curieuse de découvrir un texte inédit de Lucie Clarence plutôt qu'une réécriture d'un classique car elle a une très belle plume et elle ne tombe pas dans la vulgarité. 

 

Pour conclure, ce classique m'a déçue (désolée pour les puristes!) à cause de ses personnages antipathiques mais suffisamment intéressée pour m'amener jusqu'à la dernière page. Cela peut paraître paradoxal mais c'est mon ressenti "à chaud". Si vous avez aimé Madame Bovary, je ne peux que vous encourager à lire ce roman, qui va plus loin tout en respectant le texte de Flaubert.

Merci à Gilles Paris et MA Editions pour leur confiance, en espérant que le prochain livre de cette collection me plaise autant que Jane Eyrotica. MA Editions sont les seuls (à ma connaissance) à nous proposer ce genre de romans et je trouve que c'est, certes, un pari risqué, mais aussi une bonne idée. Certains détesteront le fait qu'on "touche" aux classiques. Pour ma part, je trouve que tant que les auteurs restent fidèles, c'est agréable d'avoir une autre version, plus actuelle, de ces oeuvres. 


3/5

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